Happy May 17th to All!

*Pour lire cet article en français

Today, May 17th, we celebrate the International Day against Homophobia and Transphobia. Some of you may ask why we keep bringing the subject up.

 PrideFlagsThe Rainbow Flag of the LGBTQ community flying above the Transgender  Pride Flag (Source: The Independent).

Things change of course. Many members of the LGBTQ community can now shine without fear or hiding. Xavier Dolan is about to present his latest film at the Cannes Festival. One of the foundational plays of Québec theatre, Les Feluettes by Michel-Marc Bouchard, will be brought to the stage for the first time, this Saturday, at the Opera of Montreal. It will be the first-ever homosexual love story in an opera worldwide. The National Assembly now counts a number of LGBTQ MNAs, beginning with Québec solidaire’s Manon Massé who moved the motion ordering that the rainbow flag be raised atop Parliament on this day, a motion that was unanimously approved by the Members of the National Assembly. Even I tasted this freedom as I ran in two provincial elections without my homosexuality, far from being hidden, ever being a subject of debate.

Unfortunately, much is left to tackle. Every day, children and teenagers are ostracized for being different. Suicide cases remain far too common. And no later than Sunday, during the Oliviers Gala, a comedian decided to make a good joke by outing one of his colleagues from the closet… on stage. I am not even going to discuss the situation of LGBTQ people from cultural minorities or who are members of the First Nations. The situation of elderly people isn’t pink either. And let’s mention trans people who’s legal rights to equality are far from reached. In Canada as in the world, much is left to do.

 Things change slowly, at every scale. Last week, we the student Senators of McGill University obtained that the administration review the policies allowing transgender students who’s change of name is not recognized legally to modify their first name in their email addresses, their profile, class lists, student ID card, etc. This modification will now affect employees of McGill University as well. Today, at a larger scale, the Government of Prime Minister Justin Trudeau will introduce a bill to modify the protections against discrimination in Canada so they apply to transgender people. Things change when we work. Whether you are a member of the LGBTQ community, or an ally, help us eradicate homophobia and transphobia.

 Happy May 17th to all.

Bon 17 mai à toutes et à tous!

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Aujourd’hui 17 mai, nous célébrons la journée internationale de lute contre l’homophobie et la transphobie. Certain(e)s d’entre vous se demanderont pourquoi donc encore vous rabattre les oreilles avec ça.

PrideFlagsLe drapeau arc-en-ciel de la communauté LGBT flottant au-dessus du drapeau de la fierté transgenre (Source : The Independent).

Bien sur, les choses changent. Plusieurs membres de la communauté LGBT peuvent maintenant s’illustrer sans avoir à se cacher. Xavier Dolan se prépare en ce moment à présenter son dernier film au Festival de Cannes. Une des pièces fondatrices du théâtre québécois, Les Feluettes de Michel-Marc Bouchard, fera sa première à l’Opéra de Montréal se samedi sous les yeux de son auteur. Ce sera la première histoire d’amours homosexuelles portée à l’opéra dans le monde. L’Assemblée nationale compte son lot de députés LGBT, à commencer par Manon Massé de Québec solidaire qui a présenté à l’Assemblée nationale une motion pour que le drapeau arc-en-ciel soit aujourd’hui hissé au-dessus de l’Hôtel du parlement, motion adoptée à l’unanimité des membres de l’Assemblée. J’ai moi-même goûté à cette chance lorsque je me suis présenté dans deux campagnes électorales provinciales sans que ma propre homosexualité, loin d’être cachée d’ailleurs, ne soit jamais un sujet de débat.

Malheureusement, trop reste à faire. Tous les jours, des jeunes sont encore ostracisés parce qu’elles et qu’ils sont différent(e)s. Les cas de suicides se font encore trop communs. Et pas plus tard que dimanche, au Gala des Oliviers, un humoriste s’est trouvé drôle en sortant de force un collègue du placard… sur scène. Je ne parle ici même pas de la situation des personnes LGBT issus des communautés culturelles minoritaires et des membres des Premières Nations. La situation des ainé(e)s n’est pas plus rose. Et parlons donc des personnes trans dont l’égalité en droit est très loin d’être acquise. Au Canada, comme dans le monde, trop reste à faire.

Les choses changent un peu, à toutes les échelles. La semaine dernière, les sénateurs et sénatrices étudiant(e)s de l’Université McGill avons obtenu que l’administration révise les procédures qui permettent aux personnes transgenres dont le changement de nom n’est pas encore reconnu légalement, de changer leur prénom dans leur adresse courriel, leur profil, les liste de classe, la carte étudiante, etc. La mesure s’appliquera maintenant aux employé(e)s de l’Université. Aujourd’hui, à une autre échelle, le gouvernement du Premier Ministre Justin Trudeau présentera un projet de loi qui modifiera la protection des droits de la personne afin qu’elle s’applique aux personnes transgenres. Les choses changent quand on y travaille. Que vous soyez vous-même membre de la communauté LGBT, ou que vous soyez un(e) allié(e), aidez-nous donc à éradiquer l’homophobie et la transphobie.

 Bon 17 mai à tou(te)s!

La photographie sous les tropiques, ou comment les tropiques peuvent devenir un véritable enfer

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J’ai déjà téléversé un bon nombre de photographies sur ce blog. Vous en avez peut-être trouvées certaines très bonnes. Je suis d’ailleurs fier de quelques-unes d’entre elles, dont plusieurs se trouvent dans ma liste de vertébrés, comme par exemple cette photo de deux toucans de Swainson. Ces photographies ne forment qu’une toute petite minorité. La plupart des vertébrés que j’ai observés sont illustrés par des photos bonnes à moyennes. Certaines sont carrément terribles comme la seule photo d’un crocodile américain que j’ai pu prendre. Si vous voulez avoir une idée du nombre de prises qu’il faut pour obtenir une image acceptable, visitez-donc mon site flickr. Toutes les photos s’y suivent numériquement. Vous remarquerez que plusieurs images sont séparées par dix, quinze ou même trente nombres manquants. Ces photos manquantes étaient hideuses et ont prestement pris le chemin de la poubelle. Si je ne conservais que les photos dont je suis fier, elles seraient séparées par 200 ou 300 photos manquantes. Plusieurs défis attendent le photographe sous les tropiques, certains me donnent plus de fil à retordre que d’autres. Cet article est une petite introduction à mon enfer quotidien, ou ce qui peut mal tourner avec une caméra en région tropicale.

Ramphastos swainsoniiCertaines scènes donnent heureusement de bonnes photos comme ces deux toucans de Swainson photographiés à Gamboa. Notez que je ne modifie jamais mes photographies numériquement, à l’exception du recadrage (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

Crocodylus acutusD’autres scènes sont presque impossibles à rendre. J’ai tenté de photographier ce crocodile américain, de nuit, sur l’Île Barro Colorado, alors qu’il nageait dans le Canal de Panama à plus de 20 mètre de moi (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

Le premier défi sérieux concerne la lumière. Après tout, la photographie consiste à enregistrer l’impact de photons sur une pellicule traitée chimiquement ou sur un détecteur numérique. Pour cela, encore faut-il recevoir quelques photons (non, sans blague ?!?). Pour ceux d’entre vous qui viennent prendre des vacances à la plage sous les tropiques pendant la saison sèche, ça peut sembler bizarre. En fait, vous risquez plutôt d’avoir trop de lumière pour un appareil photographique compact. Rien qu’un appareil reflex avec un bon filtre polarisé et un choix judicieux d’ouverture de diaphragme et de vitesse d’obturation ne peuvent pas compenser. Toutefois, vos chances de voir une faune intéressante sur une plage infestée de touristes sont faibles. Pour photographier des créatures moins familières, il vous faudra sortir des sentiers battus. Les forêts tropicales humides sont assez sombres. La canopée vous surplombe, 40 à 50 mètre au-dessus de votre tête, et en-dessous se superposent de multiples couches de lianes, d’arbres et d’arbustes qui sont terriblement efficaces pour capter tout rayon de lumière. Dans une forêt en santé, il fait tout sauf clair. Il est même parfois difficile de repérer les serpents sur les sentiers. Chaque fois qu’un rayon de lumière réussi à percer et à rejoindre le sol, il est si brillant comparé aux alentours que toute photo qui inclura cette aire lumineuse sera immanquablement ratée. Vous obtiendrez, soit une photo incluant une étoile aveuglante au centre d’une image bien exposée, soit une portion éclairée bien exposée entourée d’une noirceur totale. Je travaille dans une portion de forêt assez perturbée. Quand la journée est ensoleillée, chaque mètre carré est piqueté de nombreux points trop lumineux sur un fonds trop sombre. Si vous souhaitez prendre une bonne photo, bonne chance.

Leptotila cassiniVoici une des meilleures images que j’ai pu prendre sous une canopée partielle. Les portions plus sombres de cette image sont bien exposées, mais là où la lumière incidente frappait cette colombe de Cassin, toutes les couleurs ont tourné au blanc par surexposition (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

Les nuages sont une bonne chose en photographie tropicale. Quand le ciel est couvert, seule la lumière diffuse arrive au sol, si bien que toutes les surfaces semblent éclairées au même niveau. Heureusement, les nuages sont souvent présents, il y a une raison pour laquelle on appelle cet écosystème une forêt tropicale humide. Un nouveau problème surgit. Quand les nuages cachent le soleil, il fait vraiment sombre, comme à la tombée de la nuit si l’orage menace (ce qui arrive tous les jours pendant la saison des pluies). Dans cette pénombre crépusculaire, les seules façons d’obtenir une image sont de forcer l’indice ISO au maximum et d’obtenir ainsi une photo au grain évident (vous vous souvenez du crocodile ?), ou de réduire la vitesse d’obturation à une demi-seconde ou plus lente encore. Devinez quoi, la plupart des animaux tentent de se sauver dès qu’ils aperçoivent un être humain. En une demi-seconde, ils ont le temps de bouger en masse, ce qui donne des photos tout bonnement ridicules. Évidemment, dans de telles conditions, l’usage d’un trépied est obligatoire. Un flash peut aider à régler ce genre de problème, mais ça ne marche qu’à courte distance, et même avec un diffuseur, il est ardu d’obtenir des photographies qui semblent naturelles. Aussi, plus il faut faire la mise au point loin, moins il y a de lumière qui entre dans l’objectif. Donc, plus il fait sombre, plus il faut être près de son sujet pour obtenir un portrait acceptable.

BLURRY BIRDDisons simplement que l’identification de celui-ci sera ardue. J’ai tenté de photographier cet oiseau au Parc national Chagres, Avec un temps d’exposition long, il faut vraiment que le sujet se tienne tranquille (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

Parlant de saison des pluies, ça peut sembler évident, mais appareils photo et eau ne font pas bon ménage. Les pluies sont imprévisibles, soudaines et diluviennes. Je dois garder tout mon équipement dans de petits sacs étanches pour le protéger. Ça signifie qu’à chaque fois que je dois passer d’un objectif téléphoto (pour les sujets éloignés comme les oiseaux), à un objectif macro (pour les petits sujets photographiés de près comme les insectes), je dois ouvrir mon sac-à-dos, ouvrir un sac étanche, ôter la lentille que j’utilisais de mon appareil, la remplacer par le nouvel objectif, protéger l’ancien et commencer à mitrailler mon sujet. La plupart des animaux auront déjà fuit. Ça, c’est si je suis chanceux. Si je ne le suis pas, de la condensation se sera formée sur le détecteur de mon appareil pendant le changement de lentille, et ça veut dire la fin des photos pour la journée, ou jusqu’à que je rejoigne une pièce munie d’air climatisé où je devrai attendre que toute la buée s’évapore de nouveau.

La buée est vraiment mon pire ennemi. La saison humide est maintenant bien installée. L’humidité ambiante atteint souvent 98%. À ce niveau de saturation, l’eau se condense sur presque tout. Si vous faites l’erreur de sortir de votre véhicule climatisé la caméra à la main, elle se couvrira d’eau. Quand je vais sur le terrain, je dois laisser mon appareil photo s’acclimater quelques minutes dans son sac étanche (qui lui se couvre d’eau) avant de l’en sortir. Le problème avec la condensation sous les tropiques, c’est que l’air est tellement saturé que la buée ne s’évapore que très lentement. Essuyer la lentille ne sert à rien, elle ne fera que s’embuer instantanément. Je passe un temps incalculable à agiter doucement mon appareil photo tout en maintenant mon attention sur un animal afin de suivre ses mouvements et sur ma lentille afin de savoir quand elle sera assez claire pour tenter de photographier ledit animal.

EuchromaCet Euchroma était prêt pour sa séance photo. Mais au Parc national Chagres, l’humidité en a décidé autrement (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

En bref, l’éclairage inégal, la pénombre et l’humidité sont mes trois épreuves quotidiennes. Je ne peux par contre oublier, et décerne donc une mention honorable, aux moustiques et aux fourmis. Oui, les moustiques sont nombreux, et ils peuvent être très distrayants quand on essaie de cadrer la photo parfaite. Comme la photo, c’est aussi trouver le meilleur angle, je me déplace beaucoup quand j’essaie de cadrer une scène ou un sujet. Malheureusement, il arrive que ces pas de côté m’envoient promener droit dans un acacia. Ces plantes sont protégées par une armée de fourmis à la piqûre douloureuse.

14168644000_8607c3d1c1_cLa dernière chose que vous voulez, c’est frôler un acacia. Ces petites fourmis sont sans pitié (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

Pour ceux et celles d’entre vous qui ne sont pas encore convaincus, j’ai adapté la dingométhode « L’école des explorateurs », établie par le grand auteur Français de bande-dessinée Gotlib, pour vous entraîner à la photographie en milieu tropical. Dans la soirée précédent votre entraînement, capturez un maximum de moustiques vivants (quelques centaines devraient suffire). Vous aurez d’abord besoin d’aller dans votre salle de bain. Placez-y un sujet à photographier comme un plante en pot ou une corbeille de fruits. Puis, laissez couler l’eau dans votre baignoire ou votre douche à la température la plus élevée possible. Le but est de saturer la pièce de vapeur. Assurez-vous que la lampe de votre salle de bain est éteinte, la fenêtre rend la pièce déjà plus claire que la forêt ne l’est. S’il n’y a pas de fenêtre, une petite lampe de camping devrait faire l’affaire. Si vous possédez une bouilloire électrique, utiliser du ruban adhésif pour immobiliser le bouton de mise en marche afin qu’elle continue à chauffer une fois le point d’ébullition atteint. Remplissez la bouilloire d’eau et branchez-la dans la salle de bain. Relâchez les moustiques affamés et fermez la porte. Alors que la salle de bain se transforme tranquillement en sauna humide, déplacez-vous vers votre garde-robe. Vous aurez besoin de pantalons longs et épais, de bonnes chaussettes (préférablement en laine), de bottes de randonnée ou de caoutchouc, d’une chemise à manches longues et d’un chapeau. Imbibez le tout de votre chasse-moustique préféré et réservez pour laisser sécher. Pendant ce temps remplissez un sac de randonnée de poids inutile. Vous devrez transporter l’équivalent de deux litres d’eau, d’équipement de terrain, d’un repas, d’habits de rechange et de tout votre matériel photographique ; planifiez-donc au moins 5 kilos (cela pour une demi-journée de terrain, pour une journée, additionnez le poids de l’eau nécessaire). Prenez vos vêtements, dirigez-vous vers votre évier de cuisine et saturez vos vêtements et vos bottes avec de l’eau (il aura probablement plut avant le moment où vous souhaiterez photographier un animal). Habillez-vous. Soyez certain de glisser vos pantalons dans vos chaussettes et de glisser votre chemise dans vos pantalons. Dans la vraie vie, il faut le faire pour se protéger des moustiques, des acariens, des tiques, des fourmis, des œstridés, des plantes épineuses, etc. Mettez votre lourd sac de randonnée sur vos épaules. Prenez votre caméra en main et entrez courageusement dans votre salle de bain en fermant la porte derrière vous. Restez là cinq minutes, le temps que les moustiques vous remarquent et que vous commenciez à suer (saturer vos vêtements d’eau aura probablement éliminé la majorité du chasse-moustique, comme dans la vraie vie). Vous êtes prêt, éloignez-vous le plus possible de votre sujet, cadrez-le, et tentez de prendre une bonne photo. Difficile ? Vous aurez maintenant une petite idée de ce que la photographie tropicale peut donner. En passant, si certains d’entre vous ont des vacances prévues en juin ou en juillet, sachez que vous êtes les bienvenus si vous souhaitez les passer avec moi, ici, au Panama.

GOTLIBUn merci tout spécial à mon père, Marc Chatel, qui a réussi à dénicher une copie de l’album Trucs-en-vrac 2 de Gotlib, une publication de Dargaud, dont je me suis inspiré pour cet entrainement à la photographie en milieu tropical.

Tropical Photography… aka Hell

*Pour lire cet article en français

I’ve already uploaded a fair number of pictures on this blog. You might have found some pretty good. I am indeed proud of a few shots, including some of those that appear in my vertebrate list, such as the photo of two Chestnut-Mandibled Toucans. These are the rare few good ones. Most of my vertebrate list is composed of good to average pictures. Some are actually terrible like the one American Crocodile picture I have. If you want to have an idea of how many shots it takes to get one decent image, visit my flickr site. All pictures follow each other numerically. You will notice that some pictures are separated by ten, fifteen or even thirty missing numbers. Those missing picture were all terrible shots that were swiftly sent to the garbage. If I only kept pictures I’m actually proud of, they would be 200 or 300 pictures apart. Many issues face tropical photographers, some of which I find particularly troublesome. This blog post is a little introduction to my daily hell, or what can go wrong with a camera in the tropics.

Ramphastos swainsoniiSome scenes thankfully yield one good picture like with these two Chestnut-Mandibled Toucans photographed in Gamboa. Note that, at the exception of cropping, I never modify my pictures with any software (Photo: Nicolas Chatel-Launay).

Crocodylus acutusOther scenes are practically impossible to get right. I tried to photograph this American Crocodile, at night, on Barro Colorado Island, as it was swimming in the Panama Canal more than 20 meters away (Photo: Nicolas Chatel-Launay).

The first major issue is light. After all, photography is all about registering photons on a chemically treated film, or on a digital sensor. To do that, you need to get some photons (duh!). For those of you who come down to warmer countries for vacations on a beach during the dry season, it might seem like a non-issue. Actually, you might get too much light for a point-and-shoot camera. That’s nothing an SLR camera with a good polarizer and a proper choice of aperture and shutter speed can’t fix. Yet, you will not see interesting wildlife on a tourist-crowded beach. To get some fun critters, you need to go to more natural settings. Tropical rainforests are actually quite dark. The canopy stands 40 or 50 meters above your head, and towers over multiple layers of lianas, trees and shrubs which are terribly effective at catching every ray of light. In a healthy tropical forest, it gets quite dark. It can sometimes be difficult to spot snakes on the path. Whenever a shaft of light does go through and reaches the ground, it is so bright compared to the surroundings that it is simply impossible to get a good picture involving such a bright section. You will either have one blinding white star in the middle of a well-exposed picture, or a well-exposed and well-lit section with pitch-black surroundings. I work in a relatively disturbed forest. On a sunny day, each square meter is mottled by many of these overly-lit spots counterbalanced by a very dark background. Good luck getting a good shot.

Leptotila cassiniThis is one of the best pictures I ever took under a patchy canopy. The darker parts of the image are well exposed, but where incident light was hitting this Gray-Chested Dove, all colour has turned to white due to over-exposure (Photo: Nicolas Chatel-Launay).

Clouds are actually a good thing for tropical photography. When it is cloudy, only diffuse light reaches the ground, and all surfaces seem to be lit the same way. Thankfully, it gets cloudy quite a lot, there’s a reason why such an ecosystem is called a tropical rainforest. A new issue emerges though. When clouds cover the sky, it gets really dark, twilight- dark when a storm is coming (which happens every single day during the rainy season). In this darkness, the only way to get a proper picture is either to augment the ISO sensitivity to the maximum and get a grainy picture (remember that crocodile?), or to reduce the shutter speed to half a second or even slower. Well guess what, most animals try to get away when they see a human being. In half a second, they can move quite a lot, which gives perfectly ridiculous pictures. Obviously, in such conditions, a tripod is an absolute necessity. A flash can help with these problems, but that only works at short distances and even with a diffuser, it is difficult to get a natural-looking picture. Also, the further you need to zoom, the less light enters your lens. So the darker it gets, the closer you need to be from an animal to get an acceptable portrait.

BLURRY BIRDLet’s just say that any attempt at identification will prove difficult. I tried to photograph this bird in Chagres National Park. With a long exposure time, you really need the subject to stay still (Photo: Nicolas Chatel-Launay).

Speaking of the rainy season, it seems like an obvious statement, but cameras and water do not mix. Showers here are impossible to predict, sudden, and will drench you to the bone. I need to keep all my equipment in little dry-sacks to protect it. That means every time I switch from my telephoto lens (to photograph far-away subjects like birds) to my macro lens (to get close-ups of insects), I need to open my backpack, open a dry-sack, take the lens I was using off my camera, put the new one on, protect the other one and start shooting. Most animals are gone by then. That’s if I’m lucky. If I am not, fog will have condensed on the camera’s sensor during the switch, and that means no more pictures on that day, or until I can get the camera back to an air-conditioned room and wait for that water to evaporate again.

Fog is really the worst part of it. The rainy season is now well on its way. Ambient humidity often reaches 98%. At this level of saturation, water will condense on anything. If you make the mistake of getting out of an air-conditioned vehicle with your camera in hand, it will get completely wet. When I get to the field, I simply have to let my camera acclimate in its dry-sack (which gets wet outside) for a few minutes before pulling it out. The problem with condensation in the tropics is that, since the air is already at saturation, that condensation only goes away very slowly. Wiping your lens will not help, it will only fog up again immediately. I spend an inordinate amount of time waving my camera around gently, while keeping my attention on both an animal to follow its movements and my lens to see when it is fog-free enough to hope for a good picture.

EuchromaThis Euchroma specimen was ready for a photo shoot. But in Chagres National Park, fog decided otherwise (Photo: Nicolas Chatel-Launay).

Basically, unequal lighting, too little light, and fog are my three banes when it comes to photography. I could not forget, and therefore, award an honourable mention to mosquitoes and ants. Yes, mosquitoes are numerous, and can be distracting when framing the perfect shot. Since good photography is also about getting the good angle, I often move around quite a lot to get the right frame. Sadly, with my little side steps, I walked straight into bullhorn acacias a few times. These plants are protected by armies of ants that have a nasty sting.

14168644000_8607c3d1c1_cThe last thing you want is to brush against a bullhorn acacia. These little ants are ruthless (Photo: Nicolas Chatel-Launay).

For those of you that are not yet convinced, I’ve adapted the “Dingométhode, l’école des explorateurs”, laid by the famous French comic artist Gotlib, for tropical photography training. On the evening prior to your training, try to collect as many live mosquitoes as possible (a couple hundred will do). First off, you will need to get into your bathroom. Place a subject for your photograph such as a potted plant or a basket of fruits somewhere in there. Then, let the water flow in your bathtub or shower at its hottest, the goal is to saturate the room with water vapor. Make sure the bathroom light is turned off, your bathroom window is probably brighter than a rainforest is. In the absence of a window, a small camping light should do the trick. If you own an electric kettle, use duct tape to secure the power button so that it keeps going after reaching a boil. Fill the kettle with water, and plug it in the bathroom. Release the hungry mosquitoes and close the door. As the bathroom slowly turns into a wet sauna, move to your closet to get yourself ready. You will need heavy long pants, heavy socks (preferably woolen socks), hiking boots or rubber boots, a long-sleeved shirt and a hat. Cover all of this with your favourite mosquito repellant, set aside to dry. While the repellant dries, fill a hiking bag with useless weight. You need at least the equivalent of two liters of water, field equipment, a lunch, a complete change of clothes and all your photography equipment, so plan for at least 5 kilos (that’s for half a day of field work, for more, add the weight of the extra water). Grab your mosquito-repellant clothes, walk to your kitchen and soak all these clothes and your boots with water (it will have most likely rained on you by the time you want to take a picture). Dress up with the wet garments. Make sure your heavy pants are tucked into your woolen socks and your long-sleeved shirt is tucked into your pants. In real life, you do this to keep away mosquitoes, ticks, chiggers, ants, botflies, spiny plants, etc. Put on your heavy hiking bag. Take your camera and bravely walk in your bathroom closing the door behind you. Stand there for five minutes to make sure the mosquitoes notice you and to start getting sweaty (soaking your clothes should have removed most of the repellant, just like in real life). You are now ready, get as far from your subject as you can, aim your camera towards it and try to take a picture. Having trouble? You might now have a little idea of what it feels like. By the way, if any of you have vacations in June or July, you are welcome to spend them with me in Panama.

GOTLIBA special thanks to my dad, Marc Chatel, who managed to dig up a copy of the “Truc-en-vrac 2” album by Gotlib, published by Dargaud, from which this tropical photography training is inspired.

Pourquoi si colorés ?

*To read this post in English

*Cet article a été publié dans la rubrique « Sous la loupe » du numéro printemps 2015 d’Antennae, le Bulletin de la Société d’entomologie du Québec.

Qui n’a pas été émerveillé à la vue de son premier monarque (Danaus plexippus) ? Et c’est bien normal ! Comme beaucoup d’autres insectes, le monarque cherche à être vu : il « pratique » l’aposématisme, une stratégie lui permettant d’éviter d’être mangé. Un oiseau fera l’erreur d’y goûter une seule fois. Le monarque est en effet rempli de cardénolides, une substance toxique qu’il acquiert au stade larvaire, alors qu’il se nourrit d’asclépiade (Asclepias sp.). Après cette expérience désagréable, l’oiseau se souviendra d’éviter les papillons arborant fièrement l’orange et le noir. Mais les papillons ne sont pas les seuls à utiliser cette stratégie. On retrouve en effet l’aposématisme chez d’autres insectes comme les coccinelles, mais aussi chez des animaux tels que les grenouilles dendrobates et les opistobranches (limaces marines très colorées). Tout comme le monarque, certaines de ces espèces acquièrent leurs toxines par l’alimentation. Toutefois, d’autres les synthétisent dans leur propre corps. Et pour dire au reste du monde qu’on goûte mauvais, on ne communique pas seulement par la couleur ! Certaines espèces avertissent leurs prédateurs qu’il vaut mieux ne pas les embêter par des sons ou encore des odeurs. En bref, l’aposématisme, c’est faire savoir aux prédateurs, d’une façon ou d’une autre, qu’on est bien protégé.

Danaus gilippus

Danaus gilippus est un proche parent du monarque qu’on retrouve dans les zones tropicales. Province du Darién, République du Panamá (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

Il ne s’agit surtout pas d’une découverte récente. Cette stratégie a d’abord été suggérée comme un mécanisme issu de l’évolution par Alfred Russel Wallace en 1866. Bien que l’aposématisme soit assez simple à comprendre, cette stratégie soulève encore bien des questions chez les chercheurs. Par exemple, comment a-t-elle évolué ? Est-ce qu’un papillon comme le monarque l’a développée graduellement, devenant de plus en plus orange au fil des générations ? Y a-t-il plutôt eu mutation rapide ? Bien malin celui qui le découvrira. D’autres chercheurs tentent de définir le rôle de la sélection sexuelle dans l’aposématisme. Un animal coloré a-t-il plus de descendants parce que ses prédateurs l’évitent, ou parce que ses partenaires préfèrent les couleurs voyantes ?

Eumaeus godartii

Moins connu que le monarque, Eumaeus godartii (Lycaenidae) est un autre bon exemple de papillon utilisant l’aposématisme. Parc National Chagres, République du Panamá (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

Un autre aspect intéressant de l’aposématisme est la quantité phénoménale de mimétisme qu’il entraîne. Au Québec, on rencontre le vice-roi (Limenitis archippus) qui, comme le monarque, se pare d’orange et de noir. Seulement, le vice-roi n’est pas toxique ! Grâce à ce subterfuge, les couleurs du monarque lui permettent d’être, lui aussi, évité par les oiseaux. Ce type de mimétisme est appelé « mimétisme batésien ». On retrouve également cette forme de mimétisme chez de nombreux serpents inoffensifs qui prennent les serpents corail pour modèles.

Un autre cas de figure se profile quand plusieurs espèces toxiques se ressemblent à s’y méprendre. Ainsi, toutes ces espèces augmentent leurs chances de survie si le prédateur a appris à éviter le patron de couleur concerné. Il aura suffi à celui-ci d’avoir eu une seule mauvaise expérience avec une seule de ces espèces pour que toutes soient protégées. On parle alors de « mimétisme mullérien ». Parmi les cas les mieux étudiés, on retrouve les papillons du genre Heliconius présents en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Ces papillons toxiques ont des colorations très variables, et ce, même au sein d’une seule espèce. Fait surprenant, deux espèces différentes capturées au même endroit peuvent paraître plus proches que des spécimens de leur espèce respective capturés dans des régions éloignées. C’est cette similarité régionale qui engendre la protection liée à ce type de mimétisme.

Heliconius

Les papillons du genre Heliconius et d’autres genres apparentés sont un excellent exemple de mimétisme mullérien. Parc Naturel Métropolitain, République du Panamá (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

De nombreux chercheurs sont en ce moment au travail afin d’éclaircir les mystères qui entourent encore l’aposématisme. Certains utilisent le dernier cri en matière d’analyse génétique, alors que d’autres continuent la longue tradition de tests comportementaux sur le sujet. Après plus de 100 ans de recherche sur ce processus, somme toute assez simple, il reste encore tant à découvrir et le domaine de l’entomologie reste sans limite.

Why So Colourful?

*Pour lire cet article en français

*This blog post was originally published in the “Sous la loupe” section of the Spring 2015 edition of Antennae, the Bulletin of the Entomological Society of Québec.

Who hasn’t felt awestruck at the sight of a monarch butterfly (Danaus plexippus). That feeling is to be expected. As many other insects, the monarch is desperately trying to be seen: it relies on aposematism, a strategy meant to avoid being eaten. A bird will only make the mistake of eating a monarch once. This butterfly is filled with cardenolides, toxic compounds that are acquired during the larval stage as the caterpillar is feeding on milkweed (Asclepias sp.). After this disturbing experience, the disgusted bird will remember to avoid any butterfly sporting bright orange and black wings. Butterflies are not the only fans of this strategy. Aposematism can be found in other insects, such as ladybird beetles, but also among animals as different as poison dart frogs and opistobranchs (colourful marine slugs). Just like the monarch, many species acquire toxic compounds from their food. Other species produce these poisons themselves. And to advertise their toxicity to the world, colour is not the only medium! Many species advertise to predators that it is better to leave them alone through sounds or odours. Simply said, aposematism means telling predators, through a variety of signals, that an animal is well defended.

Danaus gilippus

Danaus gilippus is a close relative of the monarch that can be found in tropical areas. Darién Province, Republic of Panamá (Photo: Nicolas Chatel-Launay).

Aposematism is not a novel discovery. This strategy was first suggested as a mechanism born from evolution by Alfred Russel Wallace in 1866. Even if aposematism is easy to understand, many questions still arise among scientists about this strategy. For example, how did it evolve? Could a butterfly like the monarch have developed it gradually, becoming more orange with each generation? Alternatively, did it evolve through rapid mutation? A lot of research will be needed to answer these questions. Other researchers try to tease apart the role of sexual selection in aposematism. Does a colourful animal have more descendants because predators avoid it, or because sexual partners prefer colourful mates?

Eumaeus godartii

Less well-known than the monarch, Eumaeus godartii (Lycaenidae) is another good example of aposematic butterfly. Chagres National Park, Republic of Panamá (Photo: Nicolas Chatel-Launay).

Another interesting aspect of aposematism is the phenomenal amount of mimetic strategies that arise from it. In Québec, one can meet the viceroy (Limenitis archippus) that, just as the monarch, covers itself in orange and black. But the viceroy is not poisonous! Thanks to this deception, the colours of the monarch allow the viceroy to be avoided by birds. This type of mimetic behaviour is called “Batesian mimicry”. This form of mimicry is also common in many harmless snakes that copy the colourful patterns of extremely venomous coral snakes.

A different situation is possible. What if many toxic species all look alike? If they do, all these species increase their chance of survival if a predator has learned to avoid the shared color pattern. All that is needed is for a predator to have had one bad experience with only one of the mimetic species for all to be protected. This type of mimicry is called “Müllerian mimicry”. Butterflies of the Heliconius genus, found in Central and South America are among the best studied cases. These toxic butterflies have very variable wing patterns, even within a single species. Surprisingly, two different species captured in the same locality look more similar than they do specimens of their respective species collected from far away locations. This regional similarity creates an effective protection for all mimics in the area.

Heliconius

Butterflies of the Heliconius genus and other closely related genera are an excellent example of Müllerian mimicry. Metropolitan Natural Park, Republic of Panamá (Photo: Nicolas Chatel-Launay).

Many scientists are presently working on the mysteries still surrounding aposematism. Some use the latest genomic techniques, while others continue a long tradition of behavioural studies. After more than a century of research on this relatively simple strategy, there is still much to unravel and entomology remains a limitless field of study.

Are we there yet? No, but you can almost see Oklahoma from here (by Jim Fyles)

Je me remémore avec plaisir ce cours d’Écologie désertique. Une des plus belles expériences de ma vie. Imaginez, trois semaines de camping dans le désert, avec certains des meilleurs professeurs de McGill. Les étudiants de la version 2015 alimenteront ce blog tout au long des prochaines trois semaines.

McGill Desert Ecology 2015

Jim Fyles and Ian Ritchie are already on the road, heading southwest, towing a trailer full of camping and cooking gear, the field library, and the miscellaneous equipment of field science. This is a post from the road by Jim Fyles.

5:47 am.

The trip has started.

The tires make a quiet crunching sound in the gravel at the end of the dark driveway. By the time we are ready to meet the class in Phoenix, those tires will have turned over 1.5 million rotations. We hope that they are up for it.

A perky voice with an English accent pipes up from the dashboard “Keep left on I271 Expressway Lane, continue 3.4 miles then turn right onto I271 South.” Our route finding is in good hands.

The sky In the rear-view mirror comes alive in pink and gold as we thread Cornwall in a sea of trucks. Geese and…

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Are we there yet? No, but you can almost see Oklahoma from here (by Jim Fyles)

Remembering with emotion this Desert Ecology course. One of the best academic experiences of my life. Imagine, three weeks of camping in the desert with some of the best professors at McGill. The students of the 2015 edition will nourish this blog for the next three weeks.

McGill Desert Ecology 2015

Jim Fyles and Ian Ritchie are already on the road, heading southwest, towing a trailer full of camping and cooking gear, the field library, and the miscellaneous equipment of field science. This is a post from the road by Jim Fyles.

5:47 am.

The trip has started.

The tires make a quiet crunching sound in the gravel at the end of the dark driveway. By the time we are ready to meet the class in Phoenix, those tires will have turned over 1.5 million rotations. We hope that they are up for it.

A perky voice with an English accent pipes up from the dashboard “Keep left on I271 Expressway Lane, continue 3.4 miles then turn right onto I271 South.” Our route finding is in good hands.

The sky In the rear-view mirror comes alive in pink and gold as we thread Cornwall in a sea of trucks. Geese and…

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De l’Institut de Recherches tropicales Smithsonian (STRI)

*To read this post in English

*Cet article fut aussi publié sur le blog McGill-NEO, et sur le blog IGERT-NEO

 Quand j’évoque avec des amis mes recherches au Smithsonian, tous pensent automatiquement que je travaille à Washington. Plusieurs étudiants et moi-même sommes présentement en plein cours de biologie tropicale au Smithsonian… au Panamá, pas au bord du Potomac. Mettons donc les choses au clair, avec une revue (c.-à-d. un publi-reportage) de l’Institut de Recherches tropicales Smithsonian (STRI), l’un des centres mondiaux les plus importants en sciences tropicales.

Le STRI est avant tout une communauté de chercheurs et de chercheuses intéressés par les tropiques. Il fait partie du réseau de l’Institut Smithsonian, le système de musées publics américain, et comprend 40 scientifiques permanents, 400 employés de soutient et plus de 1 400 scientifiques associés et étudiants. Avec mes collègues de la University of Illinois at Urbana-Champaign, de l’Instituto de Investigaciones Científicas y Servicios de Alta Tecnología (INDICASAT) et du programme NEO de l’Université McGill, nous faisons partie de cette communauté.

Ensemble, nous tentons de comprendre les tropiques, dans toute leur complexité, en liant nos différentes spécialités. Selon le Scientifique émérite du STRI, Egbert Leigh Jr., la plupart des recherches du STRI tournent autour de 12 grands sujets. D’abord, nous cherchons à comparer deux océans, l’Atlantique et le Pacifique, et à comprendre comment ils ont pu devenir si différents. Nous cherchons à obtenir autant de données que possible sur le passé récent, dans le but de comprendre ce qui se passe aujourd’hui dans les sphères naturelles et humaines. Nous essayons de comprendre le passé ancien à travers l’archéologie, et tentons de comprendre comment notre monde est devenu ce qu’il est. Nous voulons comprendre comment des individus peuvent diverger dans une même espèce pour créer de nouvelles espèces. Nous élucidons les mystères du mutualisme, ou pourquoi certaines espèces collaborent l’une avec l’autre alors que d’autres préfèrent tricher. Nous décrivons les comportements sociaux des animaux, mais aussi des humains, dans le contexte de l’Amérique centrale. Nous tentons de comprendre ce que la sélection naturelle favorise, et pourquoi certains caractères sont transmis à la prochaine génération alors que d’autres ne le sont pas. Nous voulons mesurer les mécanismes qui contrôlent la taille des populations et les interactions régissant les chaînes alimentaires. Nous étudions les méthodes utilisées par différentes espèces (humains inclus) pour survivre à des conditions extrêmes (lumière, ombre, sécheresse, inondations, sols pauvres, etc.). Nous cherchons à comprendre pourquoi tant d’espèces sont capables de coexister au même endroit (900 espèces d’oiseaux au Panamá et près de 300 espèces d’arbres dans 50 hectares de forêt). Nous voulons ardemment répondre à une question en apparence simple… pourquoi tant d’espèces d’arbres tropicaux (et pourquoi si terribles à identifier) ? Finalement, nous voulons peindre un portrait global des systèmes tropicaux en décrivant les interactions qui font et défont ces systèmes.

Assez de questions, des réponses s’imposent ! La bonne science se base sur de bonnes infrastructures. Heureusement pour nous, le STRI peut difficilement être égalé. Nous avons accès à 13 centres de recherche à travers l’Isthme du Panamá et en voici une courte description.

STRI PlatformCarte de tous les centres de recherche de l’Institut au Panamá (Droits d’auteur : STRI, http://stri.si.edu/reu/english/why_panama.php).

1) Centre de conférences, bibliothèque et laboratoires Earl S. Tupper

Ce groupe de bâtiments inclus la plupart des bureaux administratifs, des laboratoires équipés pour une foule de types de recherche, un herbier, une collection d’insectes et une bibliothèque contenant plus de 69 000 ouvrages traitant des sciences tropicales. La section des livres rares et anciens vous fera monter les larmes aux yeux… si bien sur vous aimez mettre la main sur des gravures de naturalistes du 17e au 19e siècle.

LIBRARYLa bibliothèque Earl S. Tupper contient plus de 69 000 ouvrages reliés aux sciences tropicales (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

2) Centre pour la paléoécologie et l’archéologie tropicale (CTPA)

Les fossiles vous laissent de marbre ? Vous pouvez changer cette fâcheuse attitude en passant ici. Le centre accueille des géologues, des géographes et des archéologues qui dévoilent le passé ancien. De la découverte d’une espèce de serpent géante (et heureusement éteinte), à la compréhension des forces qui ont fait des Amériques du Nord et du Sud une seule masse continentale il y a 3 millions d’années, le centre vous en mettra plein la vue. Les scientifiques du CTPA se servent présentement du projet d’expansion du Canal pour fouiller plus avant dans le passé du Panamá.

3) Laboratoires de l’Île NAOS

Située à l’entrée Pacifique du Canal, ce centre de recherche inclus un laboratoire d’analyse moléculaire et génétique à la fine pointe de la technologie. Il y a aussi tout le nécessaire pour maintenir en vie des animaux marins afin de les étudier. Les scientifiques hébergés ici étudient l’océanographie du Pacifique et la paléontologie.

4) Laboratoire marin Galeta Point

L’équivalent caribéen de NAOS, cette infrastructure est située à l’entrée du canal sur la côte Atlantique. Ce centre est surtout connu pour ses recherches sur les impacts des déversements pétroliers et sur les mangroves.

BOCASUne vue d’un des nombreux récifs de coraux près de Bocas del Toro (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

5) Station de recherche de Bocas del Toro

Située dans l’archipel de Bocas del Toro, ce centre accueille des scientifiques qui étudient les récifs de coraux, les lagons et la forêt tropicale côtière. Situé sur la côte Caraïbe, la station est au cœur d’un cocktail culturel joignant l’Asie, l’Afrique et les Amériques. Ce centre est au cœur de l’étude de la sociabilité humaine.

6) Île Rancheria

Située en pleine mer, cette station trône au milieu de la plus grande concentration de récifs coralliens de l’Est du Pacifique. C’est l’équivalent Pacifique de Bocas del Toro.

7) Centre de la nature Punta Culebra

Située sur une île du Pacifique, ce centre porte surtout sur la vulgarisation scientifique. L’équipe y essaie de développer de nouvelles approches afin de mieux transmettre nos connaissances à la génération montante.

FORTUNA1La Réserve forestière Fortuna permet aux scientifiques d’étudier un écosystème unique… la forêt de nuage (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

8) Station de terrain Fortuna

La Réserve forestière Fortuna s’élève à 1 200 mètres d’altitude et permet aux scientifiques qui l’utilisent d’étudier un écosystème tropical particulièrement intéressant, la forêt de nuages. Le soleil s’y fait rare et il y fait constamment humide. Certaines parties de la réserve reçoivent jusqu’à 12 mètres de précipitation par an (et connaissent moins de 30 jours sans pluie par année).

FORTUNA2Une nuit sans nuages est un événement rare à Fortuna, il y a moins de 30 jours sans pluie par année (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

9) Agua Salud

Ce projet situé dans le bassin hydrographique du Canal de Panamá couvre 300 000 hectares. Les scientifiques qui y participent tentent de trouver les meilleures stratégies de reforestation. Ils mesurent comment différentes techniques et espèces peuvent stocker du carbone, contrôler les inondations ou encore améliorer la fertilité des sols… le tout sans bannir l’agriculture. Bref, ces gens cherchent à trouver un usage optimal du territoire en région tropicale.

10) Systèmes d’accès à la canopée

Au STRI, tout le monde est brillant, mais certains le sont particulièrement. Deux grues de construction furent installées de façon permanente en pleine forêt tropicale sur les côtes Caribéenne et Pacifique afin de permettre aux scientifiques d’accéder à la canopée des arbres. Vous voulez savoir comment nous avons pu nous approcher autant d’une maman paresseux et de son bébé pour les articles de Scott, Librada et Flor ? Ouais, nous étions dans une grue.

11) Campus Gamboa

Nous y voici, ce campus a été notre quartier général tout au long de ce cours de biologie tropicale. Le Campus Gamboa est situé en plein centre du Canal de Panamá, on y trouve une foule de laboratoires. Aussi, plusieurs recherches pointues s’y déroulent. Il y a un système de « pods » pour cultiver des plantes à différentes températures et sous différentes conditions atmosphériques afin de prédire les impacts des changements climatiques sur la flore tropicale. On y trouve aussi des volières habitées par des chauves-souris et où leur comportement est finement étudié. Et il y a la route de l’oléoduc, un lieu bien connu de toute personne s’intéressant aux oiseaux (voir l’article d’Élise sur le blog IGERT-NEO).

BATDe toutes les activités que nous avons fait à Gamboa, la capture de chauve-souris était définitivement l’une des plus intéressantes (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

12) Monument naturel Barro Colorado (BCI)

Le joyau de la couronne ! Barro Colorado est une île, entourée par quatre péninsules, toutes protégées par le gouvernement du Panamá et par l’Institut Smithsonian. La seule activité autorisée est la recherche scientifique. Avec ses 5 400 hectares, c’est la plus ancienne infrastructure du STRI occupée pour la première fois en 1924. L’île elle-même ne peut subir de modifications. On peut observer, mesurer, mais on ne peut rien y changer. Quand à elles, les péninsules sont utilisées pour des expériences, comme dans… qu’est-ce qui se passe si on tue toutes les lianes dans une forêt ? Est-ce que les arbres poussent mieux ? Où encore, que se passe-t-il si on change les concentrations de nutriments à un endroit en déversant des tonnes de fertilisants ?

BCIUne vue des bâtiments principaux sur l’île BCI (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

13) Centre pour la Science forestière tropicale (CTFS)

Située sur l’île de BCI et fondée en 1980, cette parcelle de 50 hectares de forêt nous a fournit la meilleure base de données jamais collectée en biologie tropicale. Chaque arbre dont le tronc dépasse 1 cm (il y en a environ 200 000) a été identifié à l’espèce, mesuré et recensé tous les 5 ans. La même chose va pour les lianes et plusieurs groupes d’arbustes. Nous avons aussi des analyses de sol précises partout sur la parcelle. Nous avons les inventaires des mammifères, des oiseaux et des insectes. Plusieurs mammifères et oiseaux ont même des colliers émetteurs qui nous permettent de suivre leurs déplacements en temps réel à travers la forêt. En gros, on peut avoir beaucoup de plaisir avec beaucoup (trop ?) de données. Non seulement la base de données est géniale, elle a fait des petits. Il existe maintenant des parcelles du CTFS un peut partout à travers les Amériques, l’Afrique, l’Asie, l’Europe et l’Océanie. Les équipes locales y recueillent les mêmes données, de la même manière, en utilisant les mêmes protocoles. De cette façon, nous pouvons comparer des forêts à travers l’espace et le temps, précisément, individu par individu, partout dans le monde. Imaginez juste toutes les questions que vous pourriez explorer avec de telles données.

Et puis voilà ! C’était un petit tour d’horizon de ce que nous faisons et d’où nous le faisons. Le STRI est une communauté de biologistes, d’archéologues, de géographes, d’anthropologues et de spécialistes d’autres domaines qui tentent de répondre à une grande question. Qu’est ce qui fait tourner les tropiques ? Et si vous ressentez une pointe de jalousie, lâchez ça. Vous serez toujours les bienvenus si vous voulez vous joindre à l’aventure.

Of the Smithsonian Tropical Research Institute (STRI)

*Pour lire cet article en français

*This blog post was also published on the McGill NEO blog and on the IGERT-NEO blog

When I tell friends that I conduct research at the Smithsonian, most think immediately of Washington. Fellow students and I are currently enrolled in a tropical biology field course at the Smithsonian… in Panamá, not on the Potomac shoreline! So let’s make things clear with a quick overview (i.e. publicity shpiel) of STRI, one of the world’s flagships of tropical research.

The Smithsonian Tropical Research Institute (STRI) is a community of researchers and scholars interested in the tropics. It is part of the Smithsonian Institution network and hosts 40 permanent scientists, 400 support staff and 1,400 visiting scientists and students. My colleagues and I, all graduate students of the University of Illinois at Urbana-Champaign, the Instituto de Investigaciones Científicas y Servicios de Alta Tecnología (INDICASAT) and McGill University’s NEO program, are part of this community.

Together, we seek to understand the tropics, in all their complexity, and merge our diverse areas of expertise to do so. According to STRI’s Scientist Emeritus, Egbert Leigh Jr., most of STRI’s research can be grouped under 12 broad areas. First, we seek to contrast and compare two oceans, the Pacific and the Atlantic, and understand how they came to be so different. We try to accumulate as much data as possible on the recent past, to understand what is happening today in both the human and natural worlds. We seek to understand the distant past through archaeology, and learn how our world came to be. We try to uncover why and how individuals diverge within a species to give rise to more species. We try to unravel the mysteries of mutualism, or why some species collaborate with each other while others prefer to cheat. We study social behaviour in animals, but also in humans within the Central American context. We want to understand what natural selection favors and why some traits make it to the next generation while others do not. We study the factors regulating populations of living organisms and the inner workings of food webs. We look at how species (humans included) cope with extremes (light, shade, drought, floods, lousy soils, etc.). We try to understand how so many species can coexist in a single place (900 species of birds in Panamá and around 300 tree species in 50 hectares of forest). We are definitely interested by a lingering question… why so many tropical trees (and why is their identification such a hellish job)? Finally, we want to get a global picture of tropical systems by unravelling the interdependencies that make ecosystems go-round.

Enough about questions, we need answers! Good research is backed by good infrastructure. Luckily for us, you can’t really beat STRI. We have access to 13 research facilities across the Isthmus of Panamá and here’s a very brief description of each.

STRI PlatformA map of all STRI research facilities in Panamá (Credit: STRI, http://stri.si.edu/reu/english/why_panama.php).

1) Earl S. Tupper Research, Library and Conference Center

This set of buildings hosts most of the administrative units, a score of laboratories equipped for all kinds of research, a herbarium, an insect collection and a library comprising over 69,000 volumes centered on tropical sciences. The old and rare books section is to die for… if you like getting your hands on the drawings of 17th to 19th century explorers.

LIBRARYThe Earl S. Tupper Library holds over 69,000 volumes related to tropical sciences (Photo: Nicolas Chatel-Launay).

2) Center for Tropical Paleoecology and Archaeology (CTPA)

If you dig fossils, that’s the place you want to be. Specialized in geology, geography and archaeology, scientists working here try to unravel the distant past, from giant (and thankfully extinct) snake species to the processes that explain why North and South America became one land mass three million years ago. Scientists from CTPA are currently using the Canal expansion project as a way to dig further into Panama’s past.

3) NAOS Island Laboratories

Located at the Pacific entrance of the Canal, this research facility has a state of the art molecular and genetics laboratory. It also has all you need to keep oceanic critters alive for research. People here specialise in Pacific oceanography and paleontology.

4) Galeta Point Marine Laboratory

NAOS’s counterpart, this research facility is located at the Caribbean entrance of the Canal. It is best known for research on the effects of oil spills and on mangrove systems.

BOCASA view of one of the numerous coral reefs neighboring the Bocas Del Toro Research Station (Photo: Nicolas Chatel-Launay).

5) Bocas Del Toro Research Station

Located in the Bocas Del Toro Archipelago, this station hosts scientists who work on coral reefs, lagoon systems and lowland tropical forests. As it is located on the Caribbean side, in the middle of a cultural melting pot between Asia, Africa and the Americas, it is also a research hub on human sociality.

6) Rancheria Island

Located on a Pacific Island, this research station is in the middle of the Eastern Pacific Ocean’s largest concentration of coral reefs. It is the Pacific counterpart of Bocas Del Toro.

7) Punta Culebra Nature Center

Located on a Pacific Island, this center focuses on public awareness and outreach. Scientists try to test education strategies in order to better transmit knowledge to the coming generations.

FORTUNA1The Fortuna Forest Reserve lets scientists work in a unique ecosystem… cloud forest (Photo: Nicolas Chatel-Launay).

8) Fortuna Field Station

Fortuna Forest Reserve is 1,200 meters (4,000 feet) up in the mountains and lets scientists study a particularly interesting tropical ecosystem… a cloud forest. I can tell you that the sun is rare out there, and it’s constantly wet. Some areas of the reserve receive 12 meters of rain a year (and have less than 30 rain-free days yearly).

FORTUNA2A clear night sky in Fortuna is a rare event, less than 30 days a year are rainless (Photo: Nicolas Chatel-Launay).

9) Agua Salud

This project, located within the Panamá Canal watershed covers 300,000 hectares. Scientists involved in this long-term study try to test the best reforestation strategies and how different techniques can be used to store carbon, control devastating floods, or improve soil fertility… all without banning agriculture. People here try to get to an optimal land-use strategy for the tropics.

10) Forest Canopy Access Systems

People at STRI are all smart. But some have exceptionally smart ideas. Two construction cranes were permanently installed in the rainforest on both the Pacific and Caribbean sides so that scientists could easily access the forest canopy. Wonder how we could get this close to a mommy sloth and its baby in the posts from Scott, Librada and Flor? Yup, we were in a crane.

11) Gamboa Campus

Here we are! this is the main base our group used for the Tropical Biology Field Course 2015. Gamboa Campus is located at the dead center of the Panamá Canal, and has a suite of laboratories. Also, a lot of specialized research happens here. There is a system of “pods” to grow plants in different temperature and atmospheric conditions to unravel the effects climate change might have in the tropics. There are flight cages that bats call home and where their behaviour is finely analyzed. And there is Pipeline road, a well-known spot for anyone interested in birds (See Elise’s post on the IGERT-NEO blog).

BATAmong all our activities in Gamboa, bat trapping was certainly one of the most interesting (Photo: Nicolas Chatel-Launay).

12) Barro Colorado Nature Monument (BCI)

The Crown Jewel! Barro Colorado is an island, surrounded by three peninsulas, all protected by the Panamanian government and the Smithsonian Institution. Only research can go on here. With its 5,400 hectares, it is the oldest STRI facility, first occupied in 1924. The island itself is a no-touch zone. You can measure and observe, but you can’t change anything. The peninsulas are used for experiments, as in… what happens if you kill all lianas in a forest? Do the trees grow better? Or again, what happens if you change the nutrient regimes by dumping tons of fertilisers?

BCIA view of the main buildings on BCI island (Photo: Nicolas Chatel-Launay).

13) Center for Tropical Forest Science (CTFS)

Located on BCI Island and founded in 1980, this 50 hectares forest plot gave us the most precious data set ever collected in tropical biology. Every single tree stem larger than 1 cm (there are roughly 200,000 of them), is identified to species, measured, and recensused every five years. The same goes for lianas, and many groups of shrubs. We also have precise soil composition data all over the plot. We have mammal, bird and insect inventories for the area. Many mammals and birds even have radio collars; we can track their every movement in the forest. Basically, we can have lots of fun with lots of data. Not only is the 50-hectare plot an awesome dataset, it had children. CTFS plots are now all over the Americas, Africa, Asia, Europe, and Oceania. People there collect data in the same manner, using the same protocol. This way, we can compare forests through space and through time, precisely, individual by individual, all over the world. Imagine what questions you can explore with that.

So here we are! This was a small overview of what we do, and where we do it. STRI is composed of biologists, archaeologists, anthropologists, geographers, and specialists of other fields trying to answer one question. What makes the tropics tick? And if you’re jealous, well don’t be. You are welcome to join in this adventure.