Bestiaire du Panamá partie I : Les oiseaux

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Si vous aimez les animaux, cette série d’articles est pour vous. Après 43 jours au Panamá, il est temps de vous faire découvrir une partie de la faune que j’ai eu la chance de rencontrer. Je commence aujourd’hui avec les oiseaux, juste pour les amoureux de la volaille parmi vous. D’autres groupes d’animaux suivront. Préparez-vous à de la lecture et à beaucoup de photos. Si vous voulez voir plus de photos, c’est à ça que mon compte flickr sert. Amusez-vous. La plupart des oiseaux présentés ici ont été observés au Parc national Chagres, au Parc naturel métropolitain ou en pleine ville de Panamá. Bien entendu, ce ne sont là que les oiseaux que j’ai réussi à photographier et qui sont assez bonnes pour être publiées. Vous essaierez de prendre de belles photos quand votre appareil se couvre de buée toutes les 5 minutes.

Mais avant de vous gaver de photos, une introduction s’impose. Les oiseaux sont extrêmement abondants au Panamá. De tous les vertébrés, ce sont de très loin ceux que le touriste moyen verra le plus. Le Panamá est un lien naturel entre l’Amérique du Sud et l’Amérique du Nord. Certains des oiseaux qui y résident à l’année sont donc originaires de l’Amazonie, le Panamá n’étant que le point le plus nordique de leur aire de répartition. À l’inverse, plusieurs oiseaux du Nord s’aventurent jusqu’au Panamá sans nécessairement entrer en Colombie. Le Panamá est donc habité d’espèces du Nord comme du Sud. La diversité des oiseaux ici peut aussi être expliquée par la diversité des habitats dans ce pays. Bien que le pays soit petit, ses côtes Atlantique et Pacifique n’ont pas le même climat. La côte Pacifique subit une saison sèche marquée et prolongée, suivie d’une saison des pluies particulièrement humide. De ce côté-ci de nombreux arbres perdent même leurs feuilles quand la saison sèche se pointe le bout du nez. Du côté Atlantique, il y a bien une saison sèche, mais définitivement moins sèche et moins longue que du côté Pacifique. De ce côté-là, peu d’arbres perdent leurs feuilles. Dans les deux cas, il s’agit de forêts de feuillus humides tropicales (plus précisément de forêts ombrophiles de basse altitude). Au centre du pays, on retrouve des chaînes de montagnes, où les habitats changent avec l’altitude, et où les forêts sont surtout des forêts ombrophiles montagnardes et des forêts ombrophiles de brouillard. Il ne faudrait pas oublier que le pays est bordé par deux océans. Le Panamá compte de nombreux marais, marécages, mangroves, récifs, etc. En gros, le pays est petit, mais il y a tout de même une grande diversité d’habitats. Ça c’est pour les oiseaux résidents. Vous savez surement que beaucoup d’oiseaux migrent pour échapper à l’hiver. Pendant qu’on se les gèle à Montréal, les oiseaux migrent au Sud. Les plus paresseux s’arrêtent au Mexique, mais beaucoup viennent jusqu’au Panamá. Savez-vous ce qui se passe quand c’est l’hiver au Chili et en Argentine comme c’est d’ailleurs le cas en ce moment ? Vous avez deviné, leurs oiseaux viennent aussi au Panamá. Le résultat, c’est que la diversité d’oiseaux est tout simplement ridicule. Le Panamá est aussi grand que le Nouveau-Brunswick (ou la Caroline du Sud pour les Américains d’entre vous, juste entre l’Irlande et l’Autriche pour les Européens). Malgré cette petite taille, on y dénombrait 978 espèces d’oiseaux en 2010. C’est plus que dans tout le Canada et tous les États-Unis réunis. On parle vraiment d’une diversité très élevée.

Assez de théorie, commençons.

Le Panamá a beaucoup d’eau, beaucoup d’oiseaux y sont logiquement adaptés. On trouve ici une grande diversité d’ibis, d’aigrettes, de hérons, de pluviers, de fous et d’autres oiseaux amoureux des bords de mer. Pour le moment, j’en vois la plus grande diversité près du marché aux fruits de mer (pourquoi pêcher quand on peut vider les poubelles).

PELICAN

Un pélican brun (Pelecanus occidentalis) fait sa toilette près du marché aux fruits de mer, dans le vieux port de Panamá, Casco Viejo (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

CORMORANT

Des cormorans vigua (Phalacrocorax brasilianus) viennent de finir de se sécher les ailes à Casco Viejo (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

L’autre groupe impossible à manquer en ville, c’est celui des vautours. Avec tous ses dépotoirs, la ville est attirante pour ces charognards. Il y a en permanence un nuage de vautours au-dessus de la capitale, souvent accompagnés de quelques oiseaux de proie. Bien entendu, tous les oiseaux de proie ne se trouvent pas en ville. Parmi ceux-ci, la harpie féroce (Harpia harpyja) qui est l’emblème du Panamá. Elle vit au Parc national Chagres, mais savoir qu’elle est présente et en voir une sont deux choses très différentes.

VULTURE

Tôt le matin, des hordes de vautours s’élancent du Parc naturel métropolitain ou du Mont Ancón. Cet urubu noir (Coragyps atratus) venait de quitter le Parc métropolitain. L’identité de son compagnon est plus difficile à déterminer. Je voterais pour la forme pâle de la buse à queue courte (Buteo brachyurus). Si vous avez une meilleure idée, n’hésitez pas à me corriger (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

TURKEY

L’urubu à tête rouge (Cathartes aura) est un des oiseaux qui vit aussi bien au Québec qu’au Panamá. Celui-ci se reposait au Parc Chagres (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

Vous avez déjà entendu parler des coucous. Oui, ces oiseaux qui pondent dans le nid d’autres espèces et dont le petit va faire tomber les œufs de ses frères et sœurs adoptifs pour gagner toute l’attention de ses parents adoptifs. Ils sont très nombreux au Panamá.

CUCKOO

Mon hypothèse pour ce coucou serait le piaye écureuil (Piaya cayana), mais je peux me tromper (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

De tous les oiseaux du Panamá, les colibris sont probablement les plus appréciés et les plus diversifiés. Ils sont tous magnifiques. Par contre, ils sont minuscules et très rapides. Désolé, mais je n’ai toujours pas de photo pour vous. Éventuellement, j’insérerai une des 59 espèces présentes au Panamá dans un autre article.

NEST

Je sais! N’avoir aucune photo reliée aux colibris serait simplement inacceptable. Alors voici un nid photographié dans la province du Darién. Comment puis-je savoir que c’est le nid d’un colibri ? Si un verre à shooter ne rentre pas dans le nid, c’est un nid de colibri (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

Les trogons sont un autre groupe spectaculaire est très bien connu. Ou du moins, l’un d’entre eux est connu de tous, le quetzal resplendissant (Pharomachrus mocinno). Si vous ne le connaissez pas, google existe. Malheureusement, les quetzals sont extrêmement rares au Panamá, le Costa Rica gagne sur ce point. Mais ce groupe est tout de même très bien représenté au sud de la frontière. Les trogons se nourrissent de fruits et d’insectes et sont souvent décris comme étant… léthargiques. À part la sieste, ces oiseaux ne font pas grand-chose.

TROGON

Cette magnifique femelle du trogon de Masséna (Trogon massena) bougeait à peine, ce qui est génial pour les photographes. Pour vous donner une idée de sa taille, elle mesure un peu plus de 30 cm (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

Un groupe d’oiseaux que tout touriste digne de ce nom veut observer, c’est celui des perroquets. Désolé de vous briser le cœur, mais si vous passez la journée à la plage, oubliez ça. Pour commencer, les perroquets et les perruches vivent dans les arbres. Les arbres ont des feuilles vertes. Au Panamá, la couleur dominante de cette famille est le… vert. Pour en rajouter, ils ne font pas grand-chose pendant la journée, et la plupart ne chantent que pendant le vol. Il n’y a que deux façons de voir des perroquets. Sortez de chez vous à l’aube (6h30, c’est déjà très tard), ou au coucher du soleil (avec des LÉGIONS de moustiques). À ces périodes de la journée, les perroquets volent. Ça veut dire que, non seulement il manque de lumière pour faire une bonne photo, mais si vous ralentissez la vitesse d’obturation de votre appareil, vous obtiendrez une très belle photo d’une longue traînée verte. La deuxième option, c’est de vous installer sous un manguier. Ça marche, mais ce sera évidemment à ce moment que votre appareil se couvrira de buée (l’humidité ne descend jamais en dessous de 85%). Tout ça pour justifier le fait que, bien que j’ai vu plein de perroquets, je n’ai qu’une seule photo valable.

PARROT

Cet amazone (Amazona autumnalis) est présent partout au Panamá. Si vous êtes dehors à l’aube ou au coucher du soleil, vous allez en entendre ou en voir un chaque jour. Celui-ci a été photographié à 6h40 du matin en plein cœur de la capitale (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

Dans la vraie vie, la plupart des oiseaux ne sont pas des perroquets. La plupart sont assez petits, ils se nourrissent d’une variété d’aliments comme par exemple des insectes. Pour les ornithologues, ils présentent tout de même un intérêt certain. Je vous en fais une courte sélection.

MANAKIN

Voici un manakin à col d’or (Manacus vitellinus) du Parc national Chagres. Les manakins vivent sous les canopées tropicales et se nourrissent de fruits. Ils se font d’habitude discrets. Toutefois, lors de la saison des amours, il est impossible de manquer ce mâle. Il courtise les femelles en chantant de façon… hystérique, tout en claquant ses ailes ensemble. Le son produit est presque identique à celui d’une ligne de pétards à mèches. Croyez-moi sur parole, quand on ne s’y attend pas, il peut donner une sacrée frousse (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

TANAGER

Les tangaras sont extrêmement diversifiés au Panamá. Ils se nourrissent surtout d’insectes et de fruits. Ce tangara à dos rouge (Ramphocelus dimidiatus) vit au Parc métropolitain (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

TANAGER2

Un autre tangara très commun est le tangara évêque (Thraupis episcopus), photographié juste derrière l’appartement (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

GRACKLE

Le quiscale à longe queue (Quiscalus mexicanus) est probablement le plus gros oiseau à part les vautours qu’on peut facilement observer à toute heure du jour (Photo : Nicolas Chatel-Launay).

Ne vous inquiétez pas, j’ai gardé le meilleur pour la fin. Tout le monde aime les toucans. Ce sont des obsédés des fruits, bien qu’ils ne dédaignent pas un insecte ou un lézard si l’occasion se présente. Ces oiseaux sont énormes (certaines espèces atteignent facilement 50 cm), superbes et espiègles. De bon matin, ils bougent beaucoup tout en frappant des bouts de bois, en chantant et jouant les uns avec les autres. Ils sont tout simplement adorables. Devinez quoi, il y en a cinq qui vivent derrière l’appartement !

TOUCAN1

TOUCAN2

TOUCAN3

Un groupe de cinq toucans à carène (Ramphastos sulfuratus) vivent derrière l’appartement à Panamá Ciudad. Ils mesurent chacun plus de 45 cm. Pour les observer, il faut absolument être dehors bien avant 7h00 du matin, mais ça vaut la peine (Photos : Nicolas Chatel-Launay).

Je voudrais conclure en remerciant le Dr. George R. Angehr (que j’ai d’ailleurs croisé hier au Smithsonian) et Robert Dean pour avoir publié le livre « The Birds of Panama, A Field Guide ». Disons qu’il est pour moi rare de tomber sur un guide d’identification d’oiseaux que je peux utiliser de manière fiable.

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